Objectif Lune

La période estivale est propice aux festivals dans nos contrées d’ex-Picardie et Amiens sera également à la fête dès les premiers de la chaude saison. Les 22, 23 et 24 juin prochain, la Lune des Pirates organisera la première édition de son festival « Minuit avant la Nuit ». L’équipe va investir le Parc Saint Pierre pour deux soirs et une journée dédiée à la musique.

La programmation se veut éclectique entre pop, rock, électro, shoegaze, un spectacle jeune public… des artistes locaux et internationaux… la présence d’artistes vidéo pour des sculptures vidéo-mappée (le collectif SAFRAN) et des activités de plein air. La volonté du festival est d’éviter les artistes hyper-bookés sur les scènes estivales (autrement appelés « squatteur ») et s’est tournée vers des artistes plus exclusifs.
S’il s’agit de la première édition du festival, la Lune a déjà eu l’occasion d’organiser un événement sur le site lors des 30 ans de l’association en mai 2017. Ce format du festival aura pour vocation de valoriser le patrimoine amiénois et sortir du cadre du simple événement musical de plein air avec des balades en centre-ville et une démarche éco-responsable évidemment attendue dans les nouveaux événements par le public.
Parmi les artistes locaux mis en avant, on pourra retrouver le duo bien connu de la Mine Edgär, le trio Jojobeam et le solo Usé, véritable couteau suisse et OVNI musical. L’exotisme viendra d’Angleterre avec Slowdive, de Hollande avec Amber Arcades et… d’ailleurs avec The Liminanas ou encore Concrete Knives.
La tête d’affiche restant le météore Eddy De Pretto qui mêle la chanson, l’électro ou encore le rap. Son image minimaliste et brute ainsi que ses textes l’ont rapidement placé au rang d’artistes phares de la scène française.
Avec ces 19 groupes et une programmation élégante, la Lune souhaite rendre son festival accessible à tous. Les tarifs restent abordables avec 25€/soir (le dimanche étant gratuit) ou encore un pass 2 jours à 35€.
Le lancement du Festival Minuit avant la Nuit n’est, cependant, pas la principale actualité de la Lune des Pirates. Un grand projet de nouvelle salle devrait voir le jour dans les prochains mois. Nous avons eu la chance de nous entretenir avec le directeur de la salle, Antoine Grillon.

Propos recueillis par Daz Niv photo : DR

La Mine : Bonjour Antoine, peux-tu nous dire quelques mots sur toi et l’équipe de la Lune ?
Antoine Grillon : La Lune des Pirates mène son programme d’activité grâce au travail au quotidien de 7 salariés permanents. Les différents postes couvrent des missions autour de la gestion de projets, l’administration, la communication, la production et la technique. Malgré l’âge de La Lune des Pirates (qui a fêté ses 30 ans l’an dernier), l’équipe s’est entièrement renouvelée en quelques années. Elle insuffle un regard nouveau sur les différents projets, dans le respect de l’historique, si prégnant, du lieu. Également, les agents d’accueil, les techniciens intermittents, et les nombreux bénévoles complètent toute cette organisation.

LM : quelle orientation dans la programmation actuelle ? Quelle est la «touche» Lune des Pirates ?
AG : La Lune des Pirates est une salle de concert qui a traversé les époques. Ainsi, en trente ans, les programmateurs ont chaque fois apporté quelque chose, le tout en parallèle avec les tendances des époques. Le point commun de ces programmations a été de travailler en défricheur. Ainsi dans la démarche, on peut retrouver des similitudes entre le concert de Noir Désir dans le début des années 90 et celui d’Eddy de Pretto en 2017. Il s’agit de faire découvrir au public quelque chose de nouveau, d’émergent. Ces groupes ont vocation à être connu mais ce n’est pas non plus une fin en soi. Parfois on peut programmer des artistes en sachant très bien qu’ils ne perceront jamais. Ce n’est pas pour autant qu’ils ne sont pas intéressants. On est aussi là pour proposer au public des choses différentes de ce qui passe dans les grands médias nationaux. Enfin concernant la direction artistique du lieu, on peut dire que La Lune est une salle plutôt indie, rock, pop, folk, électro. Voilà la « touche » de la salle ; c’est un peu une tambouille entre l’historique, les tendances et un peu de ma sensibilité artistique.

LM : Pour rester dans notre thème « diabolique » de ce numéro de la La Mine : aurais tu un souvenir ou une anecdote originale à nous raconter ?
AG : Notre régisseur ou notre attaché de production sont généralement en première ligne pour gérer les demandes « atypiques » des productions. Mais dans les souvenirs récents… Le groupe Big Thief qui demande si il est possible de prêter un petit chien afin qu’ils puissent le promener l’après-midi… Je pense aussi à la tournée sans plastique des supers écolo de This is the Kit : démarche autant louable qu’inhabituelle.

LM : Peux-tu nous présenter le grand projet de la nouvelle salle ? Ses apports ? Les changements par rapport à la Lune actuelle (outre la jauge) ?
AG : La nouvelle salle ne va pas s’inscrire dans un changement mais plutôt comme une évolution. Un travail doit aussi être fait sur la salle actuelle. Le projet va gérer deux équipements, et il faudra aussi bichonner notre vieille Lune. Pour la suite, la grande salle va s’installer à 400 m de la petite, mais toujours au coeur du quartier St Leu. Elle se situera sur l’ilot Edmond Fontaine, dans l’une des rues des plus festives d’Amiens. Également, c’est un endroit stratégique entre le centre ville et le nouveau campus étudiant : la Citadelle. En termes d’équipement, la nouvelle salle proposera une salle de concert de minimum 500 places, 2 studios de répétition, de nouveaux espaces administratifs, un grand hall d’exposition et tous les espaces techniques et logistiques liés à notre secteur d’activité. Cet équipement permettra à notre association de présenter une offre plus complète sur un territoire qui est demandeur, avec une forte densité de population. Cela veut dire mieux équilibrer le projet de diffusion en accueillant des artistes à plus grande renommée. Cela permettra aussi de faire évoluer le projet de soutien à la scène locale. Enfin, nous espérons que les publics se sentiront à leur aise dans ce nouvel équipement, et c’est ce que l’on défendra au quotidien dans l’accueil qui sera proposé, y compris pour les partenaires des musiques actuelles de l’ensemble de la métropole amiénoise.

LM : ton morceau le plus représentatif de la diablerie en musique et ton morceau le plus angélique ?
AG : J’aurais du mal à sortir un morceau en particulier. Mais pour essayer de garder une cohérence avec la thématique, je pense d’abord à « Dragon » de JC Satan. Pourquoi pas aussi un groupe qui s’appelle H09909. Sinon pour l’angélisme, je dirai Angel Olsen (« Sister » est le tube) mais c’est finalement plus pour le prénom… Car l’américaine n’a pas une personnalité toute rose non plus. Sinon la folk/americana des sœurs suédoises de First aid Kit avec le morceau « Shame » issu du dernier album « Ruins » : morceau chantant, rythmé avec de jolies envolées lyriques. Ca me semble bien.

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